27 au 30 mars 2018Parc des expositions
Paris Nord Villepinte

Parler à toutes les Filières

Parler à toutes les Filières

Toutes les filières industrielles se doivent d’être représentées sur Smart-Industries. Un rapport supervisé par l’Alliance Industrie du Futur, avec le support d’Accenture, Ernst & Young, Roland Berger…  met en avant des demandes différentes selon les filières.

Petit résumé de 6 filières clés : Aéronautique – le bon élève ; La construction… à construire ; Le ferroviaire sur la bonne voie ; Automobile, encore de la marge ; Le Naval à flot ; Agroalimentaire, du grain à moudre…

 

Il aura fallu un an de réunions, d’échanges pour aboutir à cette synthèse sur six filières. Avec des résultats disparates (comme le montre le schéma ci-dessous) en fonction des filières. Un rapport de 120 pages qui préconise, en conclusion, une feuille de route pour les années 2017/18/19.

La volonté était de définir une vision de l'industrie du futur pour chaque filière, de créer de la mobilisation et de l'appropriation par les instances représentatives.

Voici un bilan rapide de cette étude supervisée par l’Alliance de l'Industrie du Futur (AIF), le Cercle de l'Industrie, le CNI et ses CSF, le GFI et ses Fédérations avec le support de Accenture, Ernst & Young et Roland Berger (l’étude complète est disponible auprès de l’Alliance Industrie du Futur).

Aéronautique – le bon élève

Pour Massi Begous, Partner chez Roland Berger, la filière aéronautique est « une industrie d’excellence, de taille mondiale. Avec les Etats-Unis, nous sommes les seuls à avoir des industriels présents sur toute la chaine de valeur ».

Il rappelle qu’il s’agit d’une industrie qui est en croissance continu depuis les années 2.000, et qui n’a pas vu son chiffre d’affaires flancher durant la crise financière. Elle est face à un « problème de riche », avec ses 7 à 8 ans de commandes, il lui est impératif de produire, car il devient difficile de demander à un client potentiel de passer commande pour des avions qui seront livrés dans 8/9 ans.

Pour Roland Berger, l'industrie Aéronautique est confrontée à 5 macro-tendances : un haut niveau de livraisons sur les années à venir, une mondialisation des schémas industriels, des évolutions majeures dans l'après-ventes, une digitalisation en marche et l'émergence de technologies en rupture dans la conception des produits Cela conduit à trois enjeux majeurs à maîtriser : développer la flexibilité en production face une demande de natures diverses, réduire les coûts pour faire face à la concurrence et poursuivre les améliorations des produits et services.

La maîtrise de ces enjeux nécessite de rendre plus robuste les processus de développement et d'industrialisation, d'améliorer la compétitivité industrielle globale (stabilité processus, qualité, flexibilité) et de maximiser l'efficience en l'exploitation du produit.

Une dizaine de solutions de l'industrie 4.0 ont été identifiées comme permettant d'aider à répondre aux challenges de la filière. Leur niveau de maturité est encore faible (PoC ou 1ère application industrielle à petite échelle) mais de nombreux acteurs de la filière ont lancé des initiatives concrètes pour démontrer l'impact économique de solutions qui nécessitent souvent une véritable transformation de l'entreprise.

 

La construction… à construire

Pour Charlotte Bizeau, d’Accenture Consulting, la filière construction « n’a pas encore fait sa révolution industrielle, la productivité horaire baisse, et le secteur arrive avant-dernièr dans le classement des industries qui se sont digitalisées ».

Un secteur qui va de la promotion immobilière à la conception, des études à la réalisation, et jusqu’à l’exploitation.

De 2003 à 2008, la croissance du secteur a été très dynamique et la crise a marqué un coup d’arrêt brutal. Les modes de travail dans le secteur de la construction n’ont pas changé depuis les 50 dernières années. Les grands groupes français du secteur ont accru leurs investissements depuis 10 ans (+20%) pour se moderniser et lancer leur révolution industrielle et digitale.

Troisième pourvoyeuse d’emploi en France, l’industrie de la construction française a su néanmoins maintenir son niveau d’emploi ainsi que celui de sa marge nette. Mais la construction conserve une dette d’investissement par rapport aux autres secteurs industriels avec 8% d’investissement en 2014, contre 19,7% dans le reste de l’Industrie.

Aujourd’hui, la filière construction doit faire face à quatre enjeux majeurs pour maintenir sa croissance rentable : proposer des produits et services innovants et technologiques, améliorer la réalisation de projets en termes opérationnels, développer la communication et la collaboration au sein de son écosystème, et gagner en agilité dans la chaîne de valeurs.

En réponse à ces enjeux stratégiques, la filière devra entre autres adopter les nouvelles méthodologies d’innovation et d’accélération go-tomarket, accroître l’efficience de sa chaîne d’approvisionnement, réduire les risques d’accidents, fluidifier le partage d’informations (notamment liées aux projets) entre les différents acteurs / projets, et transformer son business model pour gagner en agilité dans un monde en constante évolution.

Quatre grandes solutions de l'industrie du future peuvent contribuer à relever ces challenges : le BIM, les matériaux augmentés (connectés et/ou écoresponsables), les travailleurs et équipements augmentés (mobilité, capteurs, drones, cobotique, réalité augmentée…) et l’analytique couplé au Big Data.

 

Le ferroviaire sur la bonne voie

Pour Alain Galloni, Associé Opérations chez EY, la filière ferroviaire se porte plutôt bien, dans le Top des industries françaises. « L’urbanisation tire le marché, avec une concentration en zone urbaine qui pousse au développement du ferroviaire. De plus, il reste un potentiel important, notamment à l’international, mais  il faudra faire attention aux transferts de technologies ». Et la récente actualité montre qu’il faut structurer le secteur, le métro de Boston vient de commander à la Chine.

Dans cette réflexion de la filière, il ne faut pas oublier le passager qui fait partie intégrante de la digitalisation. Il passe beaucoup de temps dans les transports et recherche des solutions qui lui permettent d’améliorer son expérience client.

Dans le même mouvement, les Smart-Cities impliquent une connexion du ferroviaire sur l’ensemble de la ville. Certains projets prévoient même de connecter les ascenseurs de tours à l’arrivée des rames ferrées, afin de mieux synchroniser les deux éléments.

L’industrie ferroviaire bénéficie surtout des investissements réalisés par les collectivités territoriales dans le développement des réseaux de tramways et de métros (programme du Grand Paris Express par exemple) et par l’Etat pour les commandes de trains. Pour sa part, l’emploi a connu une forte baisse qui devrait se confirmer jusqu’en 2020 en raison du trou de charge à venir. Les métiers ferroviaires sont souvent très spécifiques et nécessitent parfois jusqu’à 18 à 24 mois d’expérience pour acquérir une certaine maîtrise.

La marge nette a connu une forte baisse depuis 2006 : la baisse des cours des matières premières est compensée par la montée en gamme des opérateurs, la complexité des nouveaux trains et la concurrence accrue.

Face à une concurrence accrue, se diversifier, gagner en compétitivité et réduire les coûts de fabrication et d’exploitation sont les enjeux majeurs de la filière. L’industrie ferroviaire est aussi confrontée à trois macro-tendances : Etre plus attractif, « connecter » le train et sécuriser les lignes dans un contexte de digitalisation des environnements (mobilité, Smart City) et des attentes du client final.

Neuf solutions de l’industrie du futur sont en mesure de répondre à ces challenges en générant un bénéfice significatif sur l’ensemble de la chaîne, tout en impliquant un changement important des pratiques.

 

Automobile, encore de la marge

Pour Eric Kirstetter, Partner chez Roland Berger, la filière automobile a un potentiel encore inexploré, mais « la question est de savoir par où prendre les problèmes. Si l’on déployait tous les leviers de l’industrie 4.0, le potentiel d’amélioration financier serait très important, le taux d’utilisation des machines serait sensiblement augmenté de 65 à 90%. Par exemple, un sous-traitant pourrait voir son taux de retour sur capitaux engagés passer de 15% à 42% ».

Seulement, il faut rester pragmatique, il est impossible de tout déployer. Parmi les pépites à explorer, Roland Berger parlent des postes d’assemblage, des machines intelligentes… et plus en rupture, des jumeaux numériques avec un bénéfice estimé dans les 3 à 4 ans.

L'industrie automobile française a subit une réduction significative de sa valeur ajoutée, qui n'a pas repris son niveau d'avant-crise, contrairement à l'Allemagne, l'Italie ou l'Angleterre. Elle souffre d'une trop faible profitabilité qui pénalise l'investissement et réduit les emplois.

Face aux évolutions qui affectent le secteur, la filière automobile française fait face à trois enjeux clés pour redynamiser sa valeur ajoutée: améliorer sa compétitivité, préparer le véhicule et les services du futur et se développer à international.

L'amélioration de la compétitivité globale de la chaine requiert d'accroitre l'efficacité de l'engineering et des lancements, améliorer la compétitivité industrielle globale (stabilité process, qualité, flexibilité) et accroitre la flexibilité de la supplychain.

Six solutions de l'industrie du future contribuent potentiellement à l'obtention de ces performances et peuvent générer un bénéfice significatif sur l'ensemble de la chaîne, mais nécessite un changement des pratiques important.

 

Le Naval à flot

Pour Alain Galloni, Associé Opérations chez EY, la dynamique digitale est « déjà bien engagée dans la filière navale, sachant que l’enjeu est international. Il s’agit d’un secteur en croissance. Certes, elle intègre des géants comme STX, mais aussi les bateaux de pêche, les constructeurs de yachts ou le domaine militaire qui renouvelle sa flotte ».

Un marché mondial, mais aussi une complexité des navires qui impose une coopération entre fournisseurs. Une complexité qui créée également de nouveaux business, comme celui de la maintenance en pleine croissance. Et ce n’est pas la réflexion sur le bateau du futur, plus propre, plus économe… qui freinera cette expansion.

Le secteur a connu une rentabilité en très forte baisse en 2009 et en 2011, mais qui tend à croitre depuis quatre ans en raison des fortes commandes des grands Donneurs d’Ordres. Les investissements sont en hausse depuis 2013 pour la modernisation et la digitalisation de l’outil industriel et le développement de nouveaux produits innovants (EMR par exemple).

Après une réduction d’emplois très forte en 2011, liée à la forte baisse de la marge nette, les emplois connaissent à nouveau une croissance pour absorber les pics de charges à venir.

Pour continuer à être compétitif par rapport à leurs concurrents étrangers et notamment les émergents, et capter de nouvelles opportunités de croissance en France mais surtout à l’étranger, les acteurs de la filière navale française placent l’innovation au cœur de leur stratégie, pour augmenter compétitivité et réduire les coûts de fabrication, d’exploitation et de maintenance.

Neuf solutions de l’industrie du futur sont en mesure de répondre à ces challenges en générant un bénéfice significatif sur l’ensemble de la chaîne, tout en impliquant un changement important des pratiques.

 

Agroalimentaire, du grain à moudre

Pour Marine Pochat, expert agriculture chez Accenture, « tout ce qui permettra à l’industriel de la filière agroalimentaire de maitriser le risque autour de la volatilité des prix des matières premières sera le bienvenu. Une dépendance qui pousse à trouver les bons indicateurs pour anticiper les évolutions des prix ».

Une digitalisation qui inclut donc la traçabilité, telle que nous la connaissons, mais qui va plus loin avec du « cross filière » qui lient à la production, la gestion de l’eau ou la gestion des déchets… pour obtenir une vision globale.

Des contraintes qui sont amplifiées par la demande toujours plus importante de personnalisation de la part des clients. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde qui transforme la relation consommateur en proposant une expérience de consommation (produit, emballage, service) riche, singulière et hyper-personnalisée centrée sur l’émotion du besoin. Une approche qui implique une agilité de tous les instants.

Dans cette compétition, l’Allemagne est le premier pays en termes de création de valeur ajoutée, suivi par le Royaume Uni qui a plongé entre 2006 et 2011 mais s’est redressé. La France s’est mieux portée face à la crise, mais a fini par décrocher en 2009 puis stagner à partir de 2011. L’Italie, loin derrière la France jusqu’à 2010, s’est progressivement imposée comme le 3ème pays créateur de valeur ajoutée de l’industrie agroalimentaire européenne.

Malgré une baisse nette de sa valeur ajoutée, l’industrie agroalimentaire française a été plus résiliente face à la crise de 2008 que le reste de l’industrie. La flambée des prix des denrées alimentaires en 2007-2008, puis 2011, a également affaibli l’industrie et ne l’a pas aidée à se redresser.

Depuis 2008, les investissements dans l’industrie agroalimentaire progressent contrairement à l’industrie manufacturière, mais cette progression s’érode. Cela peut s’expliquer par la baisse de la marge nette qui limite la capacité d’investissement des industries agroalimentaires et leur capacité de modernisation industrielle et technologique.

 

 

Afficher Masquer le plan du site

2016 © SMART INDUSTRIES

Accès Rapide