Osez l'industrie du futur

06 au 09 décembre 2016Paris Nord Villepinte - Hall 7 Ajouter dans mon agenda

l'article ci - dessous est extrait du magazine :
smart industries magazine
N°9 - mars 2016

Compétitivité des IAA françaises

 

Dans une étude publiée en juin 2015 par La Fabrique de l’industrie et le think tank Saf agriDées, nous réinterrogions les modèles de croissance des industries agroalimentaires (IAA) françaises, en partant de ce constat simple : la France est passée dans le courant des années 2000 de la deuxième à la quatrième place mondiale pour les exportations de produits agroalimentaires.

Par Michel Zarka-Directeur Associé de Theano Advisors, cabinet de conseil en stratégie

 

Un levier de compétitivité semble avoir été négligé : la modernisation de l’outil de production, pourtant source de compétitivité durable. Face à ses concurrents européens, la France a accumulé en la matière un retard important, qui nécessite pour être comblé une stratégie conjointe d’investissement et de croissance, portée par un positionnement visant le cœur de marché mondial.

 

Un retard accumulé

Dans les IAA françaises, de 1996 à 2006, la productivité totale des facteurs a baissé de 0,44 % par an en moyenne, avec une baisse particulièrement marquée dans le secteur des viandes. Cette baisse est révélatrice de l’obsolescence des outils de production, dont le renouvellement demande des investissements importants, que peu d’entreprises s’autorisent compte tenu de leur niveau de rentabilité.

Les IAA françaises pâtissent, comme les autres secteurs, d’un sous-équipement en robotique industrielle : en 2010, le parc de robots en production en France était estimé à environ 34.500 unités, dont 2.200 robots dans les IAA, contre 148.000 en Allemagne et 62.000 en Italie. Une étude réalisée en 2014 par le cabinet Roland Berger dans le cadre du plan « Usine du futur » révèle que dans l’agroalimentaire, l’écart entre les taux de robotisation français et allemand est de 55 %, et ce malgré une hausse des ventes dans ce secteur (+ 17 % entre 2009 et 2010), et un savoir-faire reconnu dans le réglage des machines. Sur les 15 machines détenues par Lustucru en 2012, 11 étaient considérées comme obsolètes, 4 étaient nouvelles : ce ratio est inversé chez ses concurrents italiens.

Une marge de progrès

Pour les IAA françaises, le levier de compétitivité lié à la modernisation de l’outil industriel et à la robotisation n’est pas encore pleinement actionné. Gravir cette marche nécessite certes une vraie capacité d’investissement, à rebours d’une tendance de long terme à la baisse dans l’ensemble des industries manufacturières.

Il s’agit aussi de réinterroger les modèles de production : ne plus cantonner les robots aux manipulations de produits transformés en fin de ligne (emballage, palettisation), mais leur faire remonter la chaîne de production (calibration, triage, pesée,  découpe et séparation, nettoyage et pulvérisation...). A titre d’exemple, dans le secteur des viandes et de l’abattage, la mise en place de systèmes de découpes automatisés permet d’optimiser la découpe en limitant les déchets.

 

Grandir pour investir

Philippe Rouault dans son rapport de 2010 montre que les investissements nécessaires à la modernisation de l’outil de production ne sont possibles que lorsque l’entreprise atteint une taille critique : dans la filière porcine, le coût d’une unité automatisée d’un volume de 40.000 tonnes annuelles est estimé entre 35 et 40 millions d’euros.

Grandir pour les IAA ne signifie pas nécessairement s’aligner sur le modèle des usines géantes mais accéder à une taille suffisamment conséquente :

 pour pouvoir se structurer face à la grande distribution et à l’amont agricole,

 pour pouvoir investir, innover, s’internationaliser.

 

Un autre regard sur la croissance

Beaucoup d’IAA se heurtent à un rempart culturel : grandir, ce serait perdre le lien au terroir, renoncer à la qualité. Ce serait choisir la « malbouffe » des grands groupes mondialisés au détriment de la défense du patrimoine gastronomique français. Or un positionnement valorisant uniquement le haut de gamme ne peut offrir assez de potentiel de croissance pour la majorité des IAA françaises.

A l’inverse, réinvestir le milieu de gamme, définir une offre simple, accessible et lisible, se différenciant par sa qualité, appuyée par des marques fortes et visibles à l’international, c’est être en mesure de répondre, pour les IAA françaises, au cœur de marché mondial. C’est aussi être encouragé à optimiser et moderniser l’outil de production, améliorer les processus, innover : autant de démarches qui garantissent la filière contre toute forme de marginalisation ou de perte de dynamisme. 

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